MAMADOU LY, L’HOMME QUI VEILLE QUAND LE SÉNÉGAL DORT

À 4 heures du matin, pendant que le pays sommeille, il réveille 8 000 lecteurs avec l’essentiel de l’actualité.

Ode amicale à un passeur de sens, de presse et de démocratie

Il y a des gens qui font du bruit. Et il y a ceux qui font du sens.

Mamadou Ly appartient à cette deuxième catégorie. Chaque matin, alors que Dakar dort encore, son message arrive. Quatre heures du matin. Les unes des quotidiens sénégalais, les grands titres africains, quelques échos de l’étranger : « Ma Revue de Presse » est devenue, pour des milliers de personnes, le premier rendez-vous de la journée.

Avant le café. Avant la radio. Avant la télévision.

Une veille discrète, mais devenue indispensable.

DE L’ENGAGEMENT À LA PRESSE : UNE PASSION QUI NE S’ÉTEINT PAS

Mamadou Ly n’est peut-être pas journaliste de métier, mais il est profondément attaché à la presse. Ses premières armes, il les a faites dans l’engagement politique, notamment aux côtés de Moustapha Niasse.

Puis la politique a laissé place à une autre passion : la presse et l’information.

Il lit. Il observe. Il sélectionne. Il partage.

Il a surtout compris une vérité fondamentale : dans une démocratie, la presse n’est pas un accessoire. Elle est un poumon.

Et Mamadou Ly a choisi de mettre son énergie au service de ce poumon, bénévolement, sans chercher de récompense ni de reconnaissance particulière.

4 HEURES DU MATIN : L’HEURE DU PASSEUR

Il faut imaginer la discipline.

Se lever alors que la majorité du pays dort encore. Parcourir les messages WhatsApp et les courriels. Télécharger les journaux. Vérifier les unes. Sélectionner l’essentiel. Organiser. Transmettre.

Puis envoyer.

À 8 000 personnes.

Et ces 8 000 lecteurs deviennent à leur tour des relais. Ils partagent, commentent, discutent, débattent.

« Ma Revue de Presse » n’est donc plus une simple compilation. C’est devenu un rendez-vous.

Un espace où se croisent l’universitaire de Saint-Louis, l’étudiant de Ziguinchor, le chef d’entreprise de Dakar, le chroniqueur d’Abidjan et le Sénégalais de la diaspora en Europe, aux États-Unis ou en Asie.

Les informations circulent. Les idées voyagent. Les débats naissent.

Mamadou Ly ne cherche pas à occuper le devant de la scène.

Il passe. Il transmet. Il connecte.

QUAND LE PASSEUR FAIT UN BREAK

C’est souvent lorsqu’un homme s’arrête que l’on mesure réellement son importance.

Lorsque Mamadou Ly prend une pause pour des obligations religieuses ou personnelles, le silence de 4 heures du matin se fait soudain sentir.

Le téléphone reste silencieux.

Et l’on réalise alors que l’on attendait cette revue plus qu’on ne le pensait.

On se sent presque orphelin de cette boussole matinale, de ce filtre qui nous évite des heures de recherche, de cette manière simple de mettre l’actualité en ordre.

On comprend alors que « Ma Revue de Presse » n’était pas anodine.

C’était notre façon de commencer la journée les pieds sur terre et la tête dans l’actualité.

UN HOMME GÉNÉREUX AVEC SON SOMMEIL

Ce qui force le respect chez Mamadou Ly, c’est avant tout son désintéressement.

Il donne son sommeil. Son temps. Son énergie.

Pour que les autres soient informés.

Il ne cherche ni la lumière ni les honneurs. Il fait simplement ce qu’il croit utile, avec une constance remarquable et une passion intacte.

Il a compris que la presse doit circuler. Que l’information doit être accessible. Et qu’un citoyen bien informé est mieux armé pour comprendre son pays et participer au débat public.

MERCI AU PASSEUR

Mamadou Ly n’écrit pas les unes. Il ne signe pas les éditoriaux.

Son rôle est différent.

Il est passeur.

Passeur de presse.
Passeur d’information.
Passeur de sens.
Passeur de temps.
Et, à sa manière, passeur de démocratie.

Il prend le travail produit par les journalistes, le met en ordre et le transmet au monde.

Gratuitement. Chaque matin.

Dans un monde où beaucoup veulent parler, il a choisi de lire, d’écouter et de partager.

Dans un monde où beaucoup veulent vendre, il a choisi de donner.

Alors, merci Mamadou.

Merci pour ces 4 heures du matin.
Merci pour ces milliers d’envois.
Merci pour cette fidélité.
Merci pour cette générosité silencieuse.

Et surtout, merci pour ce rappel essentiel : s’informer, c’est déjà une forme de citoyenneté.

Continue longtemps, cher Mamadou.

Et lorsque tu fais un break, sache que nous t’attendons.

Parce que sans « Ma Revue de Presse », certains ont véritablement l’impression de commencer leur journée avec une page blanche.

Mamadou Ly. Un homme. Une revue. Un rendez-vous.

Et surtout, un bel exemple de générosité.

Texte : Jean-Pierre Corréa

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