Investissements au Sénégal : du plan à l’action, le cap des deux ans Discours de Madame Léna Sene – Think Tank Coalition Diomaye, King Fahd
C’est un réel plaisir d’être parmi vous pour le lancement officiel de ce Think Tank. Un tel espace de réflexion est vital : l’investissement ne se nourrit pas uniquement de capitaux ; il s’alimente d’idées claires, de données fiables et, par-dessus tout, de vérité.
Parler des investissements au Sénégal, deux ans après certaines annonces majeures, nous place au cœur d’une période charnière. Deux ans, c’est l’heure du premier bilan. C’est le moment où les promesses doivent impérativement se matérialiser dans le béton, les machines et les emplois.
I. Le constat : de la vision stratégique à la réalité du terrain
Depuis deux ans, des annonces ambitieuses ont dessiné les contours d’une transformation économique, notamment dans l’énergie, l’agro-industrie et les infrastructures.
Cependant, sur le terrain, les opérateurs économiques constatent encore un écart entre la signature d’un protocole d’accord et l’opérationnalisation réelle d’une usine ou d’une plateforme logistique. À mi-parcours, ce décalage n’est plus acceptable. L’investisseur n’achète pas une vision lointaine ; il gère des risques immédiats.
II. L’urgence de la vitesse : le temps comme actif stratégique
Nous sommes à mi-parcours. Le temps de la planification doit désormais céder la place à celui de la livraison. Dans un monde où la concurrence régionale est féroce, nos voisins ne nous attendent pas.
Pour un investisseur, le temps est un coût. Chaque lenteur administrative ou incertitude juridique est un signal négatif.
Aller vite, ce n’est pas bâcler ; c’est simplifier. C’est s’assurer que les barrières qui freinent nos champions industriels — que ce soit dans les intrants agricoles, l’énergie solaire ou la transformation locale — soient levées avec agilité et précision.
III. La confiance : transparence, rigueur et secteur privé national
La confiance repose sur un trépied : prévisibilité, sécurité juridique et transparence. L’investisseur moderne exige une gouvernance basée sur des audits rigoureux aux normes internationales. La transparence n’est pas un frein : c’est le carburant de la fluidité des capitaux.
Mais il y a une vérité essentielle : la confiance des investisseurs étrangers est le miroir de celle des entrepreneurs locaux. Si le secteur privé national investit, s’engage et prospère, l’étranger suivra naturellement. Le climat des affaires doit donc permettre à nos acteurs nationaux de transformer leurs promesses en actifs réels par une simplification radicale des processus.
Aujourd’hui, alors que le Moyen-Orient — autrefois hub principal de l’énergie et du capital — est plongé dans des tensions profondes, l’Afrique n’est plus un choix secondaire, mais une nécessité stratégique. Dans ce contexte, le Sénégal se distingue par sa stabilité politique et sa position géographique, comme véritable « porte de l’Afrique ».
IV. Recommandations pour consolider la trajectoire
Pour transformer le potentiel en résultats concrets, plusieurs priorités s’imposent :
Accélérer l’exécution des projets identifiés en réalisations tangibles.
Renforcer la transparence, en donnant aux investisseurs une visibilité claire sur les règles et les délais.
Consolider les équilibres financiers, pour préserver la confiance dans la gestion publique.
Diversifier l’économie, en investissant davantage dans l’agriculture moderne, l’industrie locale et les énergies renouvelables.
V. Des raisons solides d’être optimiste
Mesdames et Messieurs,
Le Sénégal réunit aujourd’hui des atouts rares : une croissance forte, des ressources énergétiques nouvelles, une jeunesse dynamique et une vision stratégique claire. Peu de pays combinent autant d’opportunités au même moment.
Le Sénégal a déjà franchi une étape importante : il a attiré l’attention du monde.
La prochaine étape est en cours : transformer cette attention en confiance durable.
Je suis convaincue que le Sénégal n’est pas seulement un pays d’opportunités — c’est un pays de solutions, d’avenir et de confiance.
Conclusion
Les deux prochaines années seront décisives. Le cadre existe, les talents sont là. Ce qu’il nous faut désormais cultiver, c’est notre capacité d’exécution.
Ce Think Tank doit être le thermomètre de cette exécution, mesurant sans complaisance là où nous avançons et là où nous stagnons. Le message pour ce mi-parcours est clair : passons de l’annonce à la réalisation.
Faisons de la vitesse d’exécution notre avantage compétitif majeur. C’est à cette seule condition que nous bâtirons une croissance durable, inclusive et souveraine.
Je vous remercie de votre attention et souhaite une longue vie à notre Think Tank.


