Face à la récidive pédocriminelle : une solution médicale pour protéger la société, par Ahmed Karim Cissé
C’est dans cette perspective que l’ONG Connexion Sans Frontière propose l’introduction, dans un cadre strictement encadré, de la castration chimique pour les récidivistes pédocriminels. Il ne s’agit ni d’une mesure de vengeance, ni d’une atteinte gratuite à l’intégrité physique, mais d’un dispositif médical reposant sur des protocoles internationaux éprouvés. Cette approche vise à réduire les pulsions sexuelles pathologiques par une régulation hormonale réversible, administrée sous contrôle médical.
Plusieurs pays ont déjà expérimenté ce type de dispositif, notamment en Europe et aux États-Unis, avec des résultats encourageants en matière de réduction de la récidive. Ces expériences démontrent qu’une approche combinant suivi médical, accompagnement psychologique et encadrement judiciaire peut constituer une réponse plus efficace que la seule privation de liberté.
Au Sénégal, une telle réforme nécessiterait une adaptation du Code pénal ainsi que la mise en place d’une injonction de soins pour les profils les plus à risque. Cette démarche devrait impérativement s’inscrire dans un cadre pluridisciplinaire, associant magistrats, médecins, psychologues et travailleurs sociaux, afin de garantir à la fois le respect des droits fondamentaux et la protection de la société.
Au-delà de l’approche juridique et scientifique, cette proposition trouve également un écho dans les valeurs spirituelles. Les finalités de la loi islamique (maqâsid al-sharî‘a) placent la protection de la descendance (hifz al-nasl) au cœur des priorités. Prévenir le mal et protéger les plus vulnérables constitue une exigence morale forte. Si le repentir (tawba) reste une dimension essentielle, la justice humaine a le devoir de garantir les droits des victimes (haqq al-mazlûm) et de prévenir toute récidive.
Ainsi, accepter un traitement médical encadré peut être perçu comme un engagement concret de la part de l’auteur à ne plus nuire. Il s’agit d’un équilibre entre sanction, prévention et responsabilité, où la dignité humaine est préservée tout en assurant la sécurité collective.
Ouvrir ce débat, c’est faire preuve de courage politique et de responsabilité sociale. Protéger nos enfants exige d’explorer toutes les solutions efficaces, dans le respect de nos valeurs, de notre droit et de notre humanité.


